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SDE 2020 : Pourquoi les Français se passionnent pour l’entrepreneuriat ?

Avec une fréquentation record de presque 60 000 visiteurs, l’édition 2020 du Salon des Entrepreneurs (Paris, 5 et 6 février) a confirmé une tendance de fond : la vague de l'entrepreneuriat déferle sur notre pays ! Une fois dressé le constat du dynamisme de ce secteur, tentons de comprendre comment la France est parvenue à se hisser aux premières places européennes en matière d’innovation et d’entrepreneuriat.

Un écosystème complet engagé depuis plus de 20 ans

Saviez-vous que le mot “entrepreneuriat” n’a fait son apparition dans notre dictionnaire qu’au milieu des années 1990 ? Le nombre annuel de création d’entreprises a quadruplé entre 2000 et 2019, passant de 216 000 à 815 000. Plusieurs facteurs structurels expliquent cette dynamique record en Europe. D’abord, l’État a joué un rôle de facilitateur : création du statut d’autoentrepreneur en 2009 puis son évolution vers celui de micro-entreprise en 2015, invention de la Société Anonyme à 0 euro en 2010, création de la Banque Publique d’Investissement en 2012 ⎼ regroupement de plusieurs organismes de financement déjà existants, etc. Les régulateurs successifs ont apporté leur pierre à l’édifice et l’actuel gouvernement a fait de la “startup nation” son credo, à l’image de l’Union Européenne qui, depuis le Conseil Européen de mars 2000, a consacré la promotion de l’entrepreneuriat comme objectif central. Les investisseurs jouent aussi un rôle crucial dans le développement des entreprises. Qu’ils soient publics ⎼ Bpifrance, institutions régionales, chambres de commerce ⎼ ou privés, ces fonds ont investi 3,645 milliards d’euros sur la French Tech en 2018. Également, la multiplication des incubateurs et accélérateurs de projets aident à la pérennisation de ces nouvelles structures : alors que 50 % des entreprises ont disparu au bout de 5 ans, ce taux de mortalité tombe à 34 % pour les entreprises accompagnées. Enfin le développement de filières entrepreneuriales au sein du système éducatif a contribué à inculquer cette culture aux nouvelles générations qui arrivent sur le marché du travail.

Des efforts à consolider pour atteindre le plus haut niveau mondial

Résultat : énormément de jeunes déambulent dans les allées du Salon des Entrepreneurs, avec une grande envie de se lancer ! Élisa, 20 ans, s’enthousiasme : “Je suis venue pour prendre des conseils, à la fois pour mon premier business que j’ai lancé en auto-entreprise il y a trois mois et pour une SARL que j’aimerais lancer avec une amie !”. “J’ai un copain de lycée qui a réussi à être rentable en quelques mois en se lançant dans l’e-commerce, ça me donne l’énergie pour lancer mon idée moi aussi”, confie Perrine, 19 ans. Devenir son propre patron, gagner plus d’argent, réaliser un rêve font partie des principales motivations du créateur d’entreprise français. Un engouement national qu’il convient néanmoins de nuancer. Si l’envie d’entreprendre concerne désormais 28 % des Français, ce chiffre reste éloigné des intentions polonaises (61 %), espagnoles (53 %) ou britanniques (Opinion Way pour l’Union des Auto-Entrepreneurs, janvier 2019). Autre bémol, le niveau d’investissement en France sur la French Tech (un peu plus de 3,6 milliards d’euros en 2018) fait pâle figure à côté de la levée de fonds réalisée par la seule startup chinoise Ant Financial la même année, avec un tour de table à plus de 14 milliards de dollars, record mondial à la clé ! Le défi pour la France est donc aujourd’hui de consolider la croissance de ses start-ups et faire émerger de nouvelles licornes pour prendre la suite de BlaBlaCar, Deezer, Doctolib ou encore Meero.

Sécurité ou accomplissement

Enfin, reste à savoir si ce désir d’entrepreneuriat résistera à la tendance actuelle de baisse du chômage en France. Après la crise de 2008, l’entrepreneuriat a en effet représenté, pour certains créateurs, une réponse concrète au chômage et à la faiblesse structurelle des salaires en France. Si le marché de l’emploi continue de s’améliorer, les créateurs reprendront-ils le chemin du salariat ? Lors d’une conférence du Salon des Entrepreneurs, Pierre Louette, PDG des Échos – Le Parisien, se voulait néanmoins très optimiste pour l’avenir de la création d’entreprise en France. Selon lui le créateur trouvera toujours “dans son entreprise une manière de concilier différentes formes de son existence et réconcilier ses aspirations”. Alors encourageons ce désir d’autonomie et d’accomplissement de soi, et donnons-nous rendez-vous au Salon des Entrepreneurs de Lyon en juin prochain ou à la prochaine édition parisienne en 2021 !

Salon des Entrepreneurs, les prochaines éditions

  • Lyon : 17 – 18 juin 2020
  • Marseille : 27 – 28 octobre 2020
  • Nantes : 24 – 25 novembre 2020
  • Paris : début 2021