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SDE 2020 : quelles sont les grandes tendances 2020 ?

La dynamique ne se dément pas. Plus 18 % de créations d’entreprises en France sur l’année écoulée ! Mieux, selon l’Union des Auto-Entrepreneurs 28 % des français envisagent aujourd’hui de créer ou reprendre une entreprise dans les deux ans (Opinion Way, janvier 2019), soit trois points de plus qu’en 2017. Envie de vous lancer ou de faire grandir votre entreprise ? Voici cinq grandes tendances observées lors du Salon des Entrepreneurs 2020, qui s’est tenu les 5 et 6 février à Paris.

1. L’auto-entreprise, format privilégié par les entrepreneurs

Avec plus de 815 000 entreprises créées en 2019, la France affiche désormais une vraie culture de l’entrepreneuriat. La création du statut d’auto-entrepreneur a permis à chacun de lancer concrètement son idée, quel que soit son statut et son parcours. Une récente étude INSEE & ACOSS publiée en janvier 2020 révèle que presque 50 % de ces créations, soient 386 000, étaient des auto-entreprises. Ce chiffre est en hausse de 25 % par rapport à 2018. Plusieurs facteurs expliquent cette tendance de fond. D’abord, le doublement des plafonds de chiffre d’affaires au 1er janvier 2018 a créé un véritable appel d’air, en rendant ce format d’entreprise très attractif. Il s’agit également d’un format léger, sans lourdeur administrative ni coûts fixes (cotisations sociales, expert-comptable, bureaux, etc.), offrant ainsi un cadre favorable à un test grandeur nature de son activité, en complément de son activité professionnelle ou avant la transformation de son statut. Autre enseignement, le nombre total d’auto-entrepreneurs inscrits en juin 2019 dépasse 1,5 million, avec un chiffre d’affaires moyen de 4 235 euros au second semestre (+9,1 % sur un an).

2. La franchise, un classique qui fonctionne toujours

Autre tendance de fond, la franchise. Son principe : développer en réseau un concept original, rentable et duplicable. Lors du Salon des Entrepreneurs une dizaine de franchises étaient présentes, comme par exemple Temporis, le 1er réseau national d’agence d’emploi en franchise avec 160 agences. Sa fondatrice Laurence Pottier-Caudron l’assure : “la réussite d’un franchiseur est intimement liée à celle de ses franchisés. Ce sont leur parcours si différents qui fondent la richesse et la diversité d’une enseigne à succès”. Grégory Clément, co-fondateur de Bagel Corner et ambassadeur du Salon des Entrepreneurs 2020, confirme la dynamique de changement d’échelle permis par la franchise. “Nous avons créé l’entreprise en 2011 sur le constat simple que le bagel marchait très bien aux Etats-Unis et en Europe de l’Est, mais qu’il était presque inexistant ici en France ! Nous avons identifié ce créneau, nous nous sommes lancés, et d’ici la fin de l’année nous aurons 60 magasins, principalement grâce au système de franchise. Nous en visons 100 à horizon 2024 et 250 à terme”. L’objectif affiché est de devenir le leader européen de la vente de bagels en petite surface.

3. L’entrepreneuriat à impact, responsable et engagé

Donner du sens à son business n’apparaît pas toujours comme une évidence lorsqu’on est une entreprise déjà bien ancrée dans son domaine. Après avoir réussi à équilibrer son modèle économique et dégagé ses premiers bénéfices, Bagel Corner a pu, par exemple, se pencher sur son impact environnemental à partir de 2017 : emballages principalement made in France, couverts en fibre de bambou, tri sélectif pour la gestion des déchets, café biologique et fruits et légumes d’origine locale si possible. Mais Grégory Clément avertit : “ce n’est pas évident, et nous ne pouvons le mettre en œuvre que parce notre entreprise a ses indicateurs économiques au vert”. Est-ce plus facile lorsque notre impact environnemental ou social est directement intégré au cœur des valeurs cardinales de l’entrepreneur ? Pour Loubna Ksibi, à la tête de Meet My Mama, ce fut une évidence. Cette startup de la Food Tech promeut “les talents culinaires de femmes issues de tous types de migration pour faire découvrir d’authentiques cuisines du monde, faites-maison par les meilleures cheffes : nos mamas !” explique la co-fondatrice. Dès sa création en 2016, l’entreprise était “à notre image et selon nos valeurs : le partage des cultures et le goût des bonnes choses aussi, car on vit comme on mange”. Mieux, la Mama’s Academy, un centre de formation, “permet à un grand nombre de femmes d’accéder aux métiers de la restauration et pouvoir vivre de leur talent”. La dimension sociale est ici intégrée au cœur de l’activité, pour l’émancipation des femmes du monde en France.

4. L’entreprise au féminin

39 % des nouvelles structures accompagnées sont dirigées par des femmes. Un chiffre qu’Alexandra Dublanche, Vice-Présidente de la région Ile-de-France, n’a pas manqué de souligner lors de la conférence d’ouverture du Salon des Entrepreneurs. Cette tendance n’est pas uniquement francilienne mais aussi nationale, confirme Sanaa Moussaid, Vice-Présidente du Conseil Supérieur de l’Ordre des Experts-Comptables, l’institution nationale placée sous la tutelle du Ministère de l’Économie et des Finances qui a pour rôle d’assurer la représentation, la promotion, la défense et le développement de la profession : “Aujourd’hui, les femmes osent plus entreprendre car grâce aux outils digitaux, on a la grande liberté de pouvoir créer son entreprise de chez soi, la piloter à distance, gérer ses équipes ou offrir du télétravail. Tout cela pousse les femmes à vouloir entreprendre et oser, oser tout en se disant que ça peut se concilier avec la vie personnelle”.

5. La passion, élément indispensable de la réussite

L’entrepreneur arbitre toujours entre des prises de décisions froides ⎼ pour maximiser la recherche d’un équilibre financier rapide ⎼ et le désir de voir loin. À la question-piège “l’entrepreneur doit-il être rationnel ou passionné ?”, Sanaa Moussaid n’hésite pas une seconde : “Passionné évidemment !”. Elle renchérit : “Quand on a une idée, il faut savoir la défendre face à un investisseur ou un banquier, la présenter à ses clients. Or lorsqu’on est passionné, on y met du cœur et on ne compte pas son temps car c’est un plaisir. Et quand le plaisir devient une partie intégrante du business, on se donne beaucoup plus à son entreprise”. Grégory Clément de Bagel Corner ne disait pas autre chose lors de la plénière d’ouverture du Salon. “Exercer sa passion permet de gagner la liberté de tracer son chemin et d’assouvir son ambition”.