le rythme du sablier
Si j'avais su...

Si j’avais su… trouver le bon rythme pour ma société

Aller plus vite ou au contraire ralentir le rythme ? Le pilotage d'une entreprise est souvent une question de cadence. Pour vous aider à trouver la vôtre, regard croisé de deux entrepreneurs à succès sur ce sujet de la vitesse : l’un qui regrette d’être allé trop vite, l’autre trop lentement.

Curieuse anecdote, pour un acteur du digital, et encore plus pour un spécialiste du référencement naturel : “Pendant les six premiers mois, on a travaillé sans site Web ! Il faut croire que le bouche-à-oreille fonctionnait bien : nous réussissions à gagner des contrats sans vitrine électronique”, s’amuse Jonathan Habert, fondateur de l’AgenceWeb.com, dont l’action consiste justement à booster le SEO de ses clients. Ce n’est pas le seul paradoxe notable dans le parcours de cette jeune agence, créée en 2013. Alors que les entreprises du numérique sont généralement avides de croissance, font la course aux levées de fonds et cherchent en priorité à grandir pour être mieux valorisées, Jonathan Habert et son associé ont vu les choses autrement. Plus exactement, ils ont emprunté cette direction, avant de faire machine arrière. “Lorsque nous avons démarré, nous étions deux. En moins de deux ans, nous étions une trentaine. Nous sommes allés un peu trop vite, rejoue Jonathan Habert. Nous nous sommes laissés happer par le cercle vertueux de la croissance, mais c’était un peu malsain.”

Arrêter de dire oui à toutes les demandes

À l’époque, les deux cofondateurs de l’AgenceWeb.com acceptent sans exception toutes les sollicitations, des grands comptes tels que Michelin, AXA, mais aussi “le petit resto ou l’esthéticienne du coin de la rue”, sans s’interroger sur la viabilité des projets, leur valeur ajoutée ou leur conformité à l’ADN originel de l’agence. Pour ne rien arranger, la croissance exponentielle engendrant des besoins express de staff, le recrutement était mené à la va-vite, sans réflexion sur les profils. Une erreur, selon Jonathan Habert : “Nous percevions des signaux de mécontentement de la part de clients. Après avoir compris ce malaise, nous avons donc décidé de privilégier le mieux au détriment du beaucoup”, appuie le jeune chef d’entreprise. Aujourd’hui, l’équipe a été réduite (20 salariés), l’AgenceWeb.com sélectionne davantage ses contrats, génère moins de chiffre d’affaires, mais est plus rentable avec des clients plus satisfaits.

Un grand appétit pour la croissance

Un raisonnement presque à l’opposé de celui de Théobald de Bentzmann, fondateur de Chefing, la start-up qui veut dépoussiérer l’événementiel-traiteur d’entreprise en mettant l’engagement des collaborateurs et des partenaires au coeur de son approche. Lancée en 2017, Chefing, grâce à son approche novatrice du séminaire ou du pot RH, comptait plus de 200 clients au bout de sa première année d’activité. L’effectif est passé de zéro à 45 salariés en 18 mois. Pas de quoi pourtant rassasier sa tête pensante, qui a levé 4 millions d’euros début 2019, après avoir pourtant déjà atteint son seuil de rentabilité. Le but ? Grandir, toujours. “Le fondement de la start-up, c’est d’aller vite, justifie Théobald de Bentzmann. La différence entre une start-up et une PME se situe là, à mon sens. Nous sommes une start-up parce que nous avons enregistré 150 % de croissance cette année”. L’idée générale étant que la croissance est le facteur principal qui justifie la valorisation de ces nouvelles structures. “Comme d’autres, nous sommes une jeune boîte, mais notre cadence est tellement forte que des puissances financières sont prêtes à parier que nous deviendrons gros plus vite que les autres. Si vous n’avez pas cette cadence, vous avez moins de levier. Vous n’êtes plus une start-up, mais une jeune PME. Ça ne sonne pas pareil à l’oreille des investisseurs”, juge le fondateur de Chefing. Et tant pis si ce chiffre d’affaires exponentiel peut parfois occasionner certains problèmes. “Il faut accepter qu’il y ait une partie du branding parfois mal exécutée. Ça se corrige avec le temps, mais c’est surtout le prix à payer pour devenir une licorne”, estime celui partage un regret : avoir trop scruté la concurrence “alors que nous aurions pu avancer encore plus vite”. Aller vite ? Aller lentement ? Quand on est chef d’entreprise, il n’y a qu’une seule bonne vitesse : celle qui vous convient.

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L'AgenceWeb.com & Chefing

Création : 2013 & 2017

Siège social : Levallois-Perret & Paris 12

Fondateur : Jonathan HABERT & Théobald de BENTZMANN

Clients : 400 clients (pour Chefing)